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Infections bactériennes courantes de la peau
M. H. Lupin, BSc, MD, FRCPC
Département de dermatologie et de science cutanée, Faculté de médecine, Université de Colombie-Britannique, Vancouver, Canada
La peau a une flore complexe dont le nombre de micro-organismes est de loin plus grand que celui des cellules humaines. Quand
l’intégrité de notre peau est rompue ou que notre système immunitaire est compromis, il peut s’en suivre des infections.
Classification
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Lésions discrètes
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Lésions diffuses
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Infections superficielles
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Impétigo, Folliculite
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Érysipèle
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Infections profondes
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Ecthyma, Furoncles, Anthrax, Abcès, Panaris
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Cellulite, Fasciite nécrosante (rare)
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Table 1: Clinical features of diaper dermatoses.
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Ces infections peuvent se superposer chez un même individu. On conseille de faire des cultures et des tests de sensibilité lorsque l’on
soupçonne une infection cutanée, particulièrement à cause de l’augmentation du staphylocoque doré résistant à la méticilline extra-hospitalier
(SAMR extra-hospitalier). Ces infections peuvent attaquer des enfants sains et mettre potentiellement leur vie en danger.
Les pathogènes les plus courants
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Impétigo/Ecthyma
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Folliculite/
Abcès
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Érysipèle /Cellulite
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Non bulleux
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Bulleux
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Visage
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Membres
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Staphylococcus aureus (staphylocoque doré)
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+
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+
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+
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+
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Streptococcus pyogenes
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+
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+
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+
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Variétés
Impétigo et ecthyma
- Croûte jaunâtre typique avec vésicules érythémateuses, papules, pustules et érosion; se retrouve essentiellement autour du nez et sur
le visage.
- Plus courant en présence d’eczéma atopique.
- L’ecthyma est une variété d’impétigo plus profond apparaissant chez les patients souffrant de malnutrition et/ou de manque d’hygiène
– vésicules et bulles, ulcères profonds qui touchent souvent les jambes. La guérison laisse des cicatrices.
- Pour le diagnostic différentiel, penser à des piqûres d’insectes, à l’eczéma, à l’herpès, au Candida, à des brûlures thermiques.
- Faire des cultures et des épreuves de sensibilité.
Traitement
- Non bulleux : acide fusidique (Fucidin® crème) trois fois par jour ou mupirocine (Bactroban® crème) trois fois par jour.
- Bulleux ou avec lésions étendues ou multiples : fièvre ou symptômes généraux, plusieurs ganglions, déficit immunitaire,
valvulopathie, cardiopathie : cloxacilline (Cloxapen®) 40-50 mg par kg par jour divisés en 4 doses, ou céphalexine (Keflex®)
40 mg par kg par jour divisés en 4 doses, érythromycine 40 mg par kg par jour divisés en 4 doses.
Folliculite, furonculose, anthrax (groupe des folliculites)
- Un spectre d’infections qui touchent les follicules pileux (poils et cheveux).
- Caractérisées par des papules et des pustules érythémateuses d’un poil asymptomatiques et peu prurigineuses.
- La folliculite des bains tourbillons, moins courante, causée par Pseudomonas aeruginosa, disparaît généralement spontanément et se
retrouve également distribuée sur le tronc, les fesses et les cuisses.
- La furonculose est une infection plus profonde du follicule pileux se manifestant par des nodules érythémateux et douloureux et un
drainage suppuré.
- Les furoncles anthracoïdes (carbuncle) sont constitués par une agglomération de furoncles avec nodules inflammatoires, purulents,
mobiles, douloureux et sont plus volumineux.
- Faire des cultures et des épreuves de sensibilité.
Traitement
- Des compresses chaudes pendant 10 à 15 minutes 4 fois par jour peuvent procurer un soulagement.
- Folliculite bactérienne et panaris superficiel périunguéal
- Acide fusidique trois fois par jour
- Cloxacilline 40-50 mg par kg par jour divisés en 4 doses, ou céphalexine 40 mg par kg par jour divisés en 4 doses,
érythromycine 40 mg par kg par jour divisés en 4 doses. Chaque médicament devrait être pris pendant une semaine.
- Furonculose récurrente – Penser à un porteur asymptomatique (narines) avec Staphylococcus.
- Mupirocine 2 % en crème, deux fois par jour dans les narines pendant 5 jours. On a relevé au Canada une augmentation
marquée du SAMR et dans ces cas, il faudrait plutôt utiliser l’acide fusidique en pommade.
- Anthrax
- Cloxacilline 40-50 mg par kg par jour divisés en 4 doses ou céphalexine 40 mg par kg par jour divisés en 4 doses.
- En cas de SAMR ou d’allergie à la pénicilline : clindamycine 20 mg par kg par jour par voie orale 4 fois par jour ou
triméthoprime/sulfa 6 à 12 mg par kg par jour par voie orale divisés en 2 doses pendant 1 semaine.
Abcès
- Nodule kystique mobile qui peut avoir une pustule centrale; habituellement causé par S. aureus.
- Incision et drainage sont très importants ainsi que la prise de cultures et les tests de sensibilité.
- Ajouter un antibiotique systémique en cas de cellulite sur plus de 5 cm, d’abcès difficile à drainer situé sur le visage, ou en présence de symptômes systémiques (fièvres et frissons).
- Penser à un SAMR extra-hospitalier.
Traitement
- Incision et drainage; des compresses chaudes pendant 10 à 15 minutes quatre fois par jour peuvent procurer un soulagement.
- L’acide fusidique, trois fois par jour, est indiqué et pourrait être utilisé seul, particulièrement sur les lésions plus petites, ou comme plus fréquemment, en association.
- Cloxacilline 40-50 mg par kg par jour divisés en 4 doses, ou céphalexine 40 mg par kg par jour divisés en 4 doses, érythromycine
40 mg par jour divisés en 4 doses pendant 1 semaine.
- En cas de SAMR ou d’allergie à la pénicilline : clindamycine 20 mg par kg par jour par voie orale quatre fois par jour ou
triméthoprime/sulfa 6 à 12 mg par kg par jour par voie orale divisés en 2 doses pendant 1 semaine.
Érysipèle et cellulite
- L’érysipèle est une infection superficielle qui survient de préférence chez les jeunes enfants et les vieillards.
- L’érysipèle est caractérisée par un placard extensif douloureux, rouge et oedématié, limité par un bourrelet périphérique saillant, le plus souvent sur les jambes et le visage d’installation brutale. Le derme est atteint par des ganglions lymphatiques ; habituellement causés par S. pyogenes.
- La cellulite est un processus plus profond touchant l’hypoderme. Chez les enfants, la tête et le cou sont habituellement touchés; sont
en cause S. aureus et, moins souvent, H. influenzae.
- Les enfants de moins de 4 ans peuvent faire une maladie périanale streptococcique caractérisée par une rougeur bien délimitée qui
part de l’anus et s’étend sur 2 ou 3 cm tout autour. Une pharyngite peut précéder l’infection. Les symptômes généraux sont rares mais
il peut y avoir un inconfort local ou des démangeaisons.
- La douleur peut inhiber la défécation et entraîner une rétention des selles avec débordement fécal ou taches de sang dans les sousvêtements. Penser à l’éventualité d’un psoriasis ou à du Candida.
- Les cellulites orbitaire, ombilicale ou néonatale sont des entités distinctes et ne sont pas discutées (consulter la littérature à ces sujets).
Traitement
- Visage : Céphalexine 40 mg par kg par jour par voie orale divisés en 4 doses pendant 10 à 14 jours, sera généralement adéquat pour
S. aureus; H. influenza, en bas de 5 ans, pourrait être traité avec cefuroxime 100-150 mg par kg par jour toutes les 8 heures pendant
10-14 jours. Pour les enfants de plus de 5 ans, céfazoline 75 mg par kg par jour, intraveineux toutes les 8 heures pendant 10-14 jours.
Prescrire la clindamycine en cas d’allergie aux bêta-lactamines.
- Cellulite périanale : Elle peut être polymicrobienne. Pour les cas peu graves, amoxicilline-clavulanate 40 mg par kg par
jour par voie orale pendant 10-14 jours. Selon les résultats des cultures, on peut utiliser : clindamyxine plus gentamycine
ou céfazoline plus métronidazole.[Référence: Bugs & Drugs 2006, Blondel-Hill, Fryters]
La résistance bactérienne
- Suite à une résistance bactérienne accrue aux médicaments en général, il faut toujours faire des cultures et des épreuves de sensibilité
aux médicaments
- Suite à une résistance bactérienne accrue aux médicaments en général, il faut toujours faire des cultures et des épreuves de sensibilité aux médicaments
- Lors d’un congrès récent de l’Association canadienne de la microbiologie clinique et des maladies infectieuses, il a été rapporté que
la surveillance démontre que la sensibilité du SAMR est restée élevée (96 %) à l’acide fusidique topique
- Le Centre for Disease Control a recommandé que le SAMR soit une maladie à déclaration obligatoire
- Le SAMR extra-hospitalier est habituellement résistant in vitro aux bêta-lactamines (pénicilline et céphalosporines) ainsi qu’aux
macrolides/azalides (érythromycine, clarithromycine, azithromycine)
- Le SAMR extra-hospitalier tend à être sensible aux sulfamides (triméthoprime et sulfaméthoxazole), aux tétracyclines (par exemple,
doxycycline (Doryx®), minocycline (Minocin®) et clindamycine (Cleocin®), bien qu’une résistance puisse survenir
- Le SAMR hospitalier (acquis en milieu hospitalier) est habituellement résistant in vitro à de multiples classes d’antibiotiques
- Le Comité canadien sur la résistance aux antibiotiques, www.ccar-ccra.com, est une bonne référence pour une information à jour sur
les modalités de la résistance
Conseils éclairés
Le taux de porteurs asymptomatiques (narines) avec Staphylococcus aureus est de 20 à 30 % ; il est donc important de traiter les
narines si l’on a affaire à des infections à répétition ou s’il y a une flambée dans la famille proche. La muciporine en crème, au
coucher, pendant 6 semaines, est utile. L’acide fusidique aussi est efficace. Si les topiques ne suffisent pas, ajouter la rifampine.
On ne conseille pas un traitement de routine pour le nez.
Conclusion
Savoir choisir la bonne thérapie dès le début, devrait aider à minimiser les complications, réduire le nombre d’hospitalisations et
peut aussi aider à réduire l’escalade de la résistance bactérienne.
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